Duà

RDV Culturels

Exposition à la Galerie Domnine "Afghans"

Exposition de photographies de Françoise Spiekermeier, reporter de guerre, auteur de "Beauties"

Public : Tout public

Ajouter à mon calendrier

La galerie Domnine est fermée en raison des arrêtés ministériels du 14 et 15 mars et des mesures de confinement correspondantes. 

Lorsque  Françoise Spiekermeier arrive en mars 2001 en Afghanistan, à Hoja Baoudine, il n'y a pas d'hôtel dans cette petite ville, en plein boom et développement en raison de la guerre. Elle est hébergée par une ONG française, ACTED qui entretient de bonnes relations avec l'Alliance du Nord, le parti progressiste et anti-taliban dirigé par le Commandant Massoud. Installé dans cette localité, son influence couvre les provinces du Nord de l'Afghanistan alors que Kaboul et le reste du pays sont aux mains des talibans: dans ces provinces-là, les petites filles n'ont pas le droit d'aller à l'école, ni les femmes de travailler. On n'a pas le droit d'écouter de la musique ou de célébrer des fêtes par la danse. Tout un pan des traditions populaires sombre dans l'interdit. 

Son exposition montre, à travers des photographies de la vie quotidienne, la culture authentique des Afghans dans le Nord de l'Afghanistan, là où ils restent libres d'en exprimer la richesse. Le bouzkachi, antique course de chevaux ancêtre du polo, la danse, l'école, décrivent la culture dans sa pleine vérité.  

Toutes ces images sont tirées d'un reportage réalisé pour Paris-Match au printemps 2001. Quelques mois plus tard, le 9 septembre, un attentat à la bombe emportera le Commandant Massoud. Deux jours après, le 11 septembre, c'est l'attaque des Twin Towers de Manhattan, l'attentat le plus spectaculaire de l'entrée dans le XXIème siècle, qui, bien que revendiqué par Al Qaeda, reste nimbé de mystère.

Anthropologue de formation, depuis toujours intéressée par la représentation du corps, la mode et les images de beauté, cette obsession ne l'a jamais quittée, y compris au fil de son métier de reporter de guerre, au coeur des conflits au Kosovo, en Tchétchénie ou même en Afghanistan.

L'un de ses reportages réalisé en Tchétchénie sur les camps de filtration (lieux de tortures) de l'armée russe, a été distingué par le Prix Bayeux des correspondants de guerre en 2001.

En 2009, elle lance BEAUTIES, un travail de photographie documentaire sur la beauté humaine, travail notamment décliné entre 2011 et 2014 en une série de films documentaires pour l’émission Les Nouveaux Explorateurs sur Canal +.

Ainsi, elle promène son appareil photo et son regard, alternativement entre la "laideur" que représente la guerre ou les calamités humaines et la beauté, ces deux pôles indissociables, complémentaires et inextricablement imbriqués. Consciente de ces deux polarités, que la capacité à faire le mal est un fait universel qui relève de l'humanité entière, et que sans la beauté du réel, palpable, la vie ne vaut probablement pas la peine d'être vécue.

Après une exposition intitulée "Guerre et beauté", couronnée de succès à l'Espace d'Ornano à Sisteron en janvier 2018, Françoise Speikermeier nous revient cette fois pour partager avec nous son regard sur les Afghans et leurs traditions.